Le Bonheur de Voyager

À mes vies parallèles

30 mars 2020 4 Commentaires

C’est difficile de vivre dans le moment présent quand on est constamment tiraillé entre deux modes de vie complètement à l’opposé l’un de l’autre. Le voyage ou la sédentarité ? Aujourd’hui et depuis maintenant près de deux ans, j’ai troqué mon statut de nomade pour celui de sédentaire. Il ne s’est pourtant pas passé une seule journée depuis sans que des flashbacks de mes cinq années autour du globe ne viennent m’envahir et me plonger dans une certaine mélancolie. C’est le truc incroyable avec la mémoire… En quelques secondes à peine, on peut se transporter à des kilomètres et revivre les émotions exactes qui nous habitaient à ces moments précis. Ressentir les papillons, les odeurs et même l’effervescence à la suite d’un regard ou encore d’un sourire échangé avec les gens qui nous entouraient dans ces brefs instants de vie.

 

Depuis deux ans, c’est un combat quotidien pour trouver un semblant d’équilibre dans une vie qui ne va pas nécessairement dans le même sens que ma pensée, que mes convictions profondes. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. La vie m’a apporté tout un tas de belles rencontres, certaines parmi les plus significatives et enrichissantes que j’ai connu du haut de mes 28 ans. Des gens avec qui toute mon âme semble connecter et qui me font un bien fou. Assez pour me garder ici, assez pour me permettre de survivre dans cette routine qui me rend parfois dépressive. Je ne sais pas comment je fais, mais même côté amour ici, j’ai l’impression de tourner en rond. Parce qu’une fille qui voyage, ça fait peur. Je pense que ça aurait pu être la chose assez forte pour donner un sens à mon passage au pays, mais j’enfile les déceptions et je me sens de plus en plus vide, par en dedans.

 

Maintenant que j’ai refait l’acquisition d’une voiture, que j’ai un boulot temps plein et que je suis locataire d’une petite maison, j’ai un mal fou à trouver un sens à ma vie, mais surtout un mal fou à ne pas penser qu’à une chose : repartir explorer ce monde qui a encore tant d’expériences, d’apprentissages, de rencontres et de moments magiques à m’apporter.

Passer d’une liberté énorme à une vie de sédentaire, c’est comme se retrouver enfermé dans une petite cage. Je ne pense qu’à une chose, ouvrir la porte et prendre mon envol ! J’ai du mal à me faire comprendre par la majorité des gens qui sont convaincus que la sédentarité et l’équilibre sont la clef dans la vie. Il faut avoir goûté au voyage long terme pour comprendre. Il faut avoir connu ce sentiment de plénitude qui envahit toutes nos cellules pour saisir ce feu qui brûle en nous. La planète est tellement grande, tellement belle. Il y a encore tant de cultures à découvrir, d’échanges et de rencontres mémorables à faire…

 

Quand les gens me suggèrent de travailler maintenant, de mettre de l’argent dans mes REER et de garder mes projets de voyages pour plus tard, pour ma retraite, j’aimerais les prendre par la main, leur dire de fermer les yeux et réussir à leur transmettre le bien-être que ça me procure, de voyager. La paix d’esprit et le bonheur à l’état pur qui comble tout mon être. J’aimerais leur expliquer à quel point je ressens l’urgence de vivre couler dans mes veines. À quel point l’éco-anxiété qui m’habite quotidiennement m’incite à vivre mes rêves maintenant et ne rien remettre à plus tard, dans un futur beaucoup trop incertain.

 

Dernièrement, ça m’a sauté aux yeux. J’ai compris comment ça peut être facile de basculer d’un monde à un autre, d’y prendre son aise, tout en étant conscient que ce n’est pas nécessairement le scénario qui nous rend réellement heureux, mais en n’ayant pas les couilles de faire autrement. En se donnant mille et une excuses et en tentant de se convaincre et de convaincre les autres autour de soi.

 

Vient un moment dans notre vie où deux chemins s’ouvrent à nous. L’un étant certes plus difficile et hors des sentiers battus, tout en nous offrant la certitude de foncer vers notre mission personnelle, vers ce qui nous fait vibrer, vers ce qui nous rend pleinement heureux. Et même si on ne sait pas trop ce qui nous y attendrait, même si on connait les sacrifices que ce chemin nous demanderait, notre petite voix, elle, est pleinement consciente que ce serait le meilleur des choix pour NOUS. L’autre route, je la qualifierais de voie facile. La grande autoroute de la vie que la grande majorité des mortels emprunte. C’est facile de s’y laisser prendre. De consommer des biens d’une telle façon qu’on finit par se perdre, qu’on finit par être détaché de la réalité. Le stress nous côtoie et l’argent devient une obsession. Le temps pour prendre soin de soi vient à nous manquer cruellement. Et ce même temps, il file à une vitesse pas possible. On se réveille un beau matin et nos belles années sont derrière nous.

 

Et ça, je m’étais fait la promesse que ça ne m’arriverait pas. Je m’étais fait la promesse de vivre à 100 miles à l’heure pour ne pas me réveiller dans quelques années avec des regrets. Aujourd’hui, j’ai le cœur gros en pensant à ces vies parallèles qui s’offrent à moi… À ce que l’une ou l’autre engendrerait comme perte… Je ne sais pas encore combien de temps je vais réussir à tenir avant de flancher, avant d’écouter ma petite voix, mais je sais que peu importe la décision que je prendrai, j’aurai appris. De mes années autour du monde autant que de mes expériences en tant que sédentaire. De mes rencontres au bout du monde et de celles sur ma terre natale. De mes amours passés et de ceux à venir. Tout ce bagage-là, il est en moi pour toujours et je suis la seule qui en détient la clef, la seule qui peut en tirer des leçons et analyser tout ça pour savoir où je me dirige dans la vie. Je dois lâcher prise, me fier à mon intuition et faire confiance à ma petite voix intérieure…

Claudia Trudeau

Ils disent que nous avons tous une mission à réaliser ici-bas... J'ai décidé que la mienne serait d'inspirer et de conscientiser les gens grâce à mes écrits, que ce soit sur cette grande passion pour les voyages qui, à 28 ans, m'a portée dans plus de 26 pays, ou encore pour encourager les gens à changer positivement leurs habitudes de vie, tout ça dans le but de vivre dans un monde meilleur, en étant HEUREUX et en propageant L'AMOUR autour de nous ♥ Bon voyage au cœur de mon univers ! Claudia xx ✉ claudia@lebonheurdevoyager.com

4 Commentaires

  1. Répondre

    Travelmaude

    30 mars 2020

    Je me sens pareil! Tu lis dans mes pensées xx J’essaie de vivre une vie qui harmonise les deux.. mais ce n’est pas toujours facile!

    • Répondre

      Claudia Trudeau

      1 avril 2020

      Je t’envoie plein d’amour pour trouver ta voie, toi aussi xxx !

  2. Répondre

    Aude

    4 avril 2020

    Claudia, c’est un peu un flash-back pour moi ce billet car j’ai vécu exactement la même chose il y a 12 ans tout pile. J’avais aussi 28 ans, je revenais d’une année sabbatique à la voile autour de l’Atlantique. J’avais découvert alors, à travers le voyage au long cours, ce que c’est la vie à 100%, celle qui a pris un coup de photoshop, comme si les couleurs devenaient soudain plus vraies, plus belles, comme si tout avait plus de sens. L’aventure, les rencontres et le frisson à chaque nouveau jour qui commence. Et puis le retour, gris, terrible, vide de sens, comme un hamster pris dans la cage de la routine sédentaire. J’étais rentrée de mon tour de l’Atlantique avec une promesse : repartir mais cette fois, à durée indéterminée ! J’ai donc créé pour ça une startup en couple, avec mon conjoint de voyage, avec la perspective de la vendre pour se faire une caisse de bord. 12 ans plus tard, cette entreprise tourne bien, elle a 30 employés mais n’a toujours pas été vendue… Le couple, lui, n’a pas tenu 🙂 Tout ça pour dire que j’ai mis plusieurs années à essayer de réajuster ma vie avec des voyages plus court terme, et j’ai finalement compris une chose : le voyage n’est qu’un déclencheur. Ce n’est pas le voyage, qui donne du sens, il permet simplement de mettre en lumière ce qui nous fait vibrer. La vie peut se nourrir d’autres expériences, voyage ou pas, et finalement le sens, lui, profond, se trouve à l’intérieur. D’où aussi la création de mon blog il y a peu, pour continuer à voyager mais différemment et transposer le sens, dans chaque moment de vie, voyage ou pas. Courage !

    • Répondre

      Claudia Trudeau

      5 avril 2020

      Woww… Merci tellement pour ton retour d’expérience Aude ! Ça m’a fait un bien fou de lire ton histoire, de voir d’autres perspectives et qu’il est possible de trouver son chemin même si la passion du voyage brûle en nous. Je découvre à l’instant ton blog et tes aventures, tu es inspirante ! Bonne journée xxx

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